Baptiste Guépétain : le sosie vocal de Jean-Marie Le Pen fait fureur dans les meetings du RN

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Photo : Manuel, modifications effectuées. 

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Il s’appelle Baptiste Guépétain, il a 34 ans, et il possède un don incroyable : il est le sosie vocal de Jean-Marie Le Pen. « Attention, je ne suis pas un imitateur comme Laurent Gerra, précise-t-il. C’est ma voix naturelle, et c’est la même voix que lui ». Un don qui le conduit aujourd’hui à assurer les premières parties de Marine Le Pen dans les meetings du Rassemblement National partout en France. 

C’est au printemps 2002 que le jeune Baptiste découvre son don. Jean-Marie Le Pen est alors sous les feux des projecteurs, car il vient d’atteindre le second tour de l’élection présidentielle. « Tous les médias ne parlaient que de lui, on le voyait partout à la TV. De plus en plus d’amis me faisaient remarquer qu’en fermant leurs yeux durant ses palabres, ils avaient l’impression de m’entendre moi ». Baptiste prend alors l’habitude de s’en servir pour divertir l’assemblée, en public ou chez des amis. « Après quelques bières, je montais sur un banc et criais des phrases clichés, du genre : « C’est un détail de l’histoire ! » ou « Il faut rendre la France aux Français n’est-ce pas ! ».  Tout le monde m’applaudissait, c’était plutôt grisant ! ».

Rapidement, Baptiste est surnommé « le faux Jean-Marie », et commence à écumer les bars et les salles des fêtes de sa région. Jusqu’à ce qu’en 2017, sa vie prenne une tournure inattendue : « Un élu du RN était entrain de fêter son anniversaire dans le bistro où je me trouvais. Des gens qui m’ont reconnu ont commencé à crier : « Le Pen ! Le Pen ! ». Lui s’est mis au garde-à-vous. Je me suis levé et j’ai improvisé un discours qui commençait par : « L’immigration musulmane est la cause de toutes les plaies, n’est-ce pas ! ». Quand cela fut terminé, l’élu est venu me voir. Il s’est dit fasciné par mon don vocal, mais aussi parce que je parvenais à subjuguer la foule. Il m’a dit qu’il connaissait personnellement Marine Le Pen, et qu’il pouvait me la présenter ».

De fil en aiguille, la présidente du RN lui demande d’assurer les premières parties de ses meetings partout en France. « Mon rôle est de monter sur scène avant elle, et d’haranguer le public avec un laïus nationaliste assez basique. En gros, je balance la sauce histoire de bien chauffer les nazis avant l’arrivée de la patronne. C’est aussi simple que ça, et que les esprits auxquels je m’adresse. Les plus anciens viennent me voir après le colloque. Ils me disent, larme à l’oeil, que je leur rappelle le bon vieux temps. » Baptiste précise aussi que parfois, il se permet même de raconter une petite blague antisémite : « C’est Dieudonné qui me les écrit ». 

Aujourd’hui, Baptise profite pleinement de son don, qui lui permet de bien gagner sa vie. Mais il refuse qu’on le considère comme le nouveau Le Pen : « Je ne m’appelle pas Jean-Marie, je suis Baptiste, et je veux tracer ma propre voie. Et pas forcement en politique. Je viens d’être contacté par Universal ; ils me proposent de sortir un album de reprises de chansons datant de l’occupation. »

E.K.

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