Des ours polaires remercient Gérard d’avoir sauvé la banquise en réutilisant sa serviette à l’hôtel 

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C’est une incroyable histoire qu’à vécu Gérard Eisbaer dimanche dernier. Après une longue journée passée à sillonner le bitume au volant de son camion, ce routier de 41 ans décide de s’arrêter à l’hôtel Formule1 de Sensenruth pour y passer la nuit. « Je venais de parcourir plus de 1300 km, presque sans pause, explique ce sympathique personnage. J’avais besoin d’une bonne nuit de sommeil ininterrompu. La couchette du camion n’est pas des plus confortables, et il arrive régulièrement que des filles de joie toxicomanes viennent frapper à la vitre, pour quémander quelques billets en échange de services charnels. »

Gérard s’installe donc dans la chambre 128 de l’établissement. Et là, il prend une decision à priori banale, mais qui va bouleverser son existence : il décide de prendre une douche avant de se coucher. « Ce n’était pas la plus coquette des salles de bain. L’air était vicié par l’odeur des commodités avoisinantes, de sombres tâches d’humidité ornaient les coins de la douche, et moult poils pubiens s’accrochaient à la crépine. » Gérard souhaite malgré tout se laver, d’autant qu’il a emporté le savon de Marseille parfum « miel auriculaire », offert par son épouse à l’occasion de leur huitième anniversaire de mariage.

Une fois sa besogne terminée, alors qu’il se sèche avec vigueur, l’attention de notre gaillard se porte sur un écriteau, grossièrement vissé sur le carrelage mural, au-dessus du bidet. « Il était écrit : Pensez à l’environnement, ne jetez pas votre serviette par terre, réutilisez-la. C’est vrai que c’est important, alors je l’ai pendue au crochet. Et je l’ai réutilisée le lendemain matin. »

C’est peu après le petit déjeuner, alors qu’il est sur le point de quitter l’hôtel, que survient l’incroyable événement qui va chambouler sa vie. « Je terminais de rassembler mes affaires dans la chambre, quand trois coups très sourds retentirent à la porte. J’allai ouvrir, mais il n’y avait personne. J’eus simplement le temps d’apercevoir ce qui me semblait être un ours polaire disparaître à la hâte au bout du couloir. Il avait laissé une enveloppe sur le pas de la porte. Je l’ouvrai, en sortis une lettre que je dépliai, et lus : « Merci d’avoir sauvé notre banquise. Signé : des ours polaires », avec une empreinte de patte trempée dans de l’encre. J’ai tout de suite fait le rapport avec ma serviette. Je n’en croyais pas mes yeux ! »

Et s’il y en avait besoin, c’est la science elle-même qui va dissiper ses derniers doutes. Il se trouve qu’effectivement, samedi entre 22h et 23h, la fonte des glaces au pôle nord a ralenti de manière inexpliquée. Gérard en est certain : c’est grâce à lui. Et on peut se poser la question : c’est quoi un héros finalement ? Un mec habillé en collant qui saute d’un immeuble à l’autre ? Ou bien un type ordinaire qui, un jour, décide de réutiliser sa serviette à l’hôtel, avant de s’en aller sous le soleil de l’horizon, au volant de son trente-six tonnes qui consomme du 26 litres aux 100 ?

E.K.

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