Football : « Cette équipe manque cruellement de fond de jeu », par votre ami qui ne sait pas ce qu’est le fond de jeu

fond2jeu

Photo : Magharebia

Ces dernières années, les performances de l’équipe belge ont suscité l’intérêt d’un large public, composé de spectateurs qui ne sont ordinairement pas tournés vers le football. Parmi ces nouveaux amateurs du ballon rond figure votre ami Jean-Sébastien. Lui qui, jadis, décrivait ce sport comme étant celui de « vingt-deux cons qui courent après un ballon« , ne manque à présent plus une seule de vos soirées « match des Diables entre potes ».

Autour de la table basse, garnie de houblon et saucisson, c’est pourtant celui de vos amis qui se fait le plus taiseux, et qui décapsule le moins rapidement. La raison est qu’il est bien trop absorbé par la stratégie mise en place par les coachs des deux équipes. Les yeux rivés sur le petit écran, il n’a de cesse de penser des consignes en direction des joueurs ; il n’hésite d’ailleurs pas à les prononcer à voix haute, si ceux-ci ne les appliquent pas assez bien à son goût.

Lorsque survient la mi-temps, « Jean-Seb' » troque sa casquette d’entraîneur contre celle de journaliste sportif ; il prodigue alors son analyse des quarante-cinq premières minutes de la rencontre : « Le problème avec cette équipe, c’est qu’elle manque cruellement de fond de jeu.« 

Vous seriez alors tenté de lui demander ce qu’il entend exactement par « fond de jeu ». Il s’agirait, en fait, d’une très mauvaise idée. En effet, la communauté scientifique s’accorde à dure que cette question provoquerait un véritable choc auprès de votre ami. Il serait tiraillé entre, d’une part, l’obligation d’y apporter une réponse concise et technique, et de l’autre, l’ignorance totale de la véritable signification de ces termes, qu’il n’a prononcés que parce qu’il les a lus dans la presse, ou entendus lors de conversations passées. En d’autres termes, vous le mettriez dans une position « lose-lose« , où quelque soit sa décision, celle-ci lui ferait perdre la face. Les conséquences pourraient être dramatiques, entre insultes, énervement, démonstration de mauvaise foi, voire dans les pires cas le retournement de la table et des bouteilles entamées qui y sont posées.

Bref, si votre ami Jean-Sébastien émet quelque doute sur la qualité du fond de jeu de l’équipe, contentez-vous de hocher la tête en signe d’acquiescement : vous lui épargnerez ainsi la honte d’être vu comme quelqu’un qui ne sait pas de quoi il parle.

 

E.K.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *