Drame à Bouillon : sa blague « on ne va pas faire le réveillon là-dessus » ne fait rire personne

lfgreveillonIl y pensait depuis quelques semaines et attendait patiemment de pouvoir la placer dans son bon contexte. Hélas, les choses ne se sont pas passées comme prévu…

Jean-Marie est ce qu’il est commun d’appeler un « drôle ». A 42 ans, il aime à distiller les traits d’humour en société. C’est vers la mi-novembre, le 16 pour être précis, qu’il imagina ce qu’il croyait alors être la meilleure blague de l’année. « C’était lors d’une conversation anodine entre amis, précise cet habitant de Sensenruth (commune de Bouillon, NDLR). Nous nous sommes éternisés sur un sujet précis, et pour couper court, j’ai prononcé la phrase « bon, on ne va pas faire le réveillon là-dessus« . » Immédiatement, il pensa tenir quelque chose. « Je me suis dit qu’à l’approche des fêtes de fin d’année, le potentiel comique de cette citation serait faramineux! » Problème : il reste plus d’un mois avant le début de cette période, qui comprend l’anniversaire de Jésus-Christ et le passage à l’an neuf. Jean-Marie sait qu’il va devoir faire preuve d’une implacable patience. « J’étais déchiré entre mon désir de débagouler ma bouffonnerie au plus vite, et mon intérêt véritable, à savoir : la garder pour le meilleur moment, que j’estimais être trois jours avant Noël. »

Après cinq longues semaines de frustration, arrive le 22 décembre tant attendu. « Je dois dire que je me suis levé avec un sentiment de libération, même si je savais qu’il me fallait encore attendre le bon contexte! » Comme un signe du destin, cette circonstance se présente dès le petit déjeuner, alors qu’il fait face à son épouse. « J’ai prononcé la phrase, celle que j’avais répété des milliers de fois dans ma tête. Le cadre, la tonalité, la prononciation, tout était parfait« . Pourtant, celle qui partage sa vie ne réagit pas. Pire, elle embraye d’elle-même sur un autre sujet de conversation. « Je me suis dit qu’elle n’avait pas dû l’entendre, alors je l’ai répétée deux minutes plus tard. Mais elle a simplement levé les yeux et les a immédiatement rabaissés vers son bol de Cheerios. » Et ce qui n’était au départ qu’un quiproquo sur un calembour douteux va prendre une ampleur démesurée : « Je l’ai racontée à tout le monde : mes collègues, mon patron, quelques amis, le chauffeur de bus, l’animateur de Bel RTL,… personne n’a ri ! J’ai même réessayé sur ma femme au soir, elle a menacé de me quitter en prenant les enfants. »

Aujourd’hui, désemparé, mais non découragé par cette déconvenue, Jean-Marie réfléchit sérieusement à la possibilité de retenter sa chance le soir du 31 décembre. « Sinon je vais devoir attendre une année entière, c’est long quand même. »

E.K.

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