Il tombe en dépression en prenant conscience que sa ville est moche : le « syndrome de Liège » fait une nouvelle victime.

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Les Liégeois sont principalement connus pour deux choses : un sens affûté de la fête, et un amour sans borne pour leur ville, qu’ils estiment être la plus belle du monde. Mais lorsque l’un d’eux est confronté à la réalité, les conséquences peuvent être désastreuses.

C’est précisément ce qui est arrivé Jean-Marie Ouffetti. Ce Liégeois de 35 ans a récemment été victime de ce que les psychiatres appellent le « syndrome de Liège » ou « syndrome du Lidjeux », une variante du « syndrome de Paris » qui touche les ressortissants japonais en séjour dans la capitale française, à la différence près que celui-ci n’affecte pas les touristes mais bien les locaux.

Jean-Marie a toujours vécu à Liège et à l’instar de ses concitoyens, il considère sa ville comme la plus belle de toutes. Mais le week-end dernier, un événement familial l’amène à quitter sa rue Saint-Gilles natale pour se rendre à l’autre bout du pays. Pour lui, c’est le début des ennuis. « Avant tout, j’ai été surpris de découvrir qu’il y avait autant de villes différentes en Wallonie. A part Liège et Charleroi, j’ignorais totalement l’existence des autres, vu qu’elles n’ont pas d’équipe en Division 1. » Et le choc ne s’arrête pas là: « Sur place, rien ne ressemblait à ce que j’avais l’habitude de voir. Les trottoirs étaient propres, les poubelles ne débordaient pas, on pouvait s’asseoir sur les bancs publics. Et en rue, je n’ai croisé ni clochard, ni ivrogne, ni drogué. » Déboussolé, Jean-Marie va progressivement perdre ses repères, jusqu’à subir le traumatisme final au soir, en revenant vers sa voiture : « Je me suis rendu compte que je n’avais pas verrouillé les portières. Pourtant elle était toujours là, avec le GPS dans la boîte à gants. » C’en est trop pour le pauvre Liégeois, dont les nerfs effrités finissent par lâcher, en même temps que ses convictions.

Aujourd’hui, Jean-Marie est sorti de l’hôpital. Il retrouve lentement ses sensations, et se prépare à subir un long et douloureux traitement: « Je vais suivre des séances de psychothérapie de groupe, qui m’aideront à accepter la vérité : en fin de compte, Liège, ce n’est quand même pas si beau que ça.« 

E.K.

 

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