Santé : il tourne sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler,mais ne raconte quand même que des conneries.

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Jean-Marie L. (nom d’emprunt) est désespéré. Ce Nivellois de 34 ans est atteint du syndrôme de Hawkes, une maladie peu connue, d’origine cérébrale, qui se traduit par de longs soliloques, souvent insensés, prononcés au fil de la pensée de celui qui en est atteint. Si les causes en sont multiples (solitude agravée, troubles intellectuels, tendance à la paranoïa), les conséquences en sont dramatiques : des personnes mal informées diront le plus souvent du sujet qu’il « parle tout seul » et « ne raconte que des conneries« , ce qui limite fortement ses chances de s’intégrer dans la société.

Mais tout le monde ne réagit pas aussi négativement. Jean-Marie a pu le constater, lui qui a décidé de soigner son trouble d’une façon peu banale : « Le simple fait de me taire deux minutes requiert un niveau de concentration inhumain. Alors, plutôt que de souffrir en silence, j’ai décidé de filmer mes crises et de les publier sur youtube. Pour lever le voile sur la maladie, mais aussi susciter des réactions. » Et les résultats ont dépassé ses espérances : »Bien que dénués de bon sens, mes discours ont trouvé écho auprès des internautes. J’ai reçu un grand nombre de soutiens. Les messages m’ont encouragé à donner des conférences, et plus tard, à me lancer en politique. J’ai même obtenu un siège au parlement. » Malgré cela, Jean-Marie souffre toujours d’un manque de reconnaissance. « J’ai fini par me rendre compte que les gens prenaient mes paroles au sérieux et occultaient le fait que j’étais malade. La situation était finalement pire qu’au départ : non seulement je n’étais pas guéri, mais en plus j’avais rassemblé une masse de cons.« 

Aujourd’hui, Jean-Marie (nom d’emprunt) désespère que la médecine puisse un jour trouver un trairement efficace, qui lui permettrait de vivre une vie normale. Il continue néanmoins de mener ses actions médiatiques et politiques, aussi absurdes soient-elles, « parce qu’il faut bien vivre. Mais dans le fond, je n’en suis pas fier.« 

E.K.

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